dommages faites aux femmes : que se serait-il passé si Sandrine Rousseau n’avait pas parlé de l’affaire Bayou ?

Comment expliquer cette rentrée particulièrement mouvementée pour la Nupes ? A la fois à cause de comportements individuels injustifiables et d’une pratique politique collective dangereuse.

>> Violences faites aux femmes : comment les affaires sont-elles gérées dans les différents partis en France ?

Les comportements, ce sont ceux de l’récalcitrant Adrien Quatennens qui a reconnu avoir exercé sur son épouse des actes violents étalés sur un an, ce qui a conduit son épouse à déposer une main courante. La justice a logiquement déclenché une enquête. Julien Bayou, lui, est accusé d’avoir harcelé son ex-compagne jusqu’à aplatir sa « santé morale » et la pousser à faire une « tentative de suicide », selon Sandrine Rousseau. Julien Bayou conteste les faits.

L’accusation est gravissime et c’est bien pourquoi la pratique politique des Verts interroge. Or, la cellule interne aux Verts chargée des violences faites aux femmes, traite cette affaire depuis juillet. Si Sandrine Rousseau n’avait pas été interrogée lundi à la télévision, Julien Bayou serait toujours co-président du groupe Vert.

Suspicions de violences sexistes et sexuelles commises par Julien Bayou : on en parle avec @sandrousseau dans #CàVous ⬇️ pic.twitter.com/j8Er4kvwV3

— C à vous (@cavousf5) September 19, 2022

« Voyeurisme médiatique »

Les écologistes et les récalcitrant ont créé des instances d’alerte pour inciter les femmes à parler, c’est très bien : le souci, c’est que plutôt que de saisir la justice, ils s’en servent pour laver leur linge sale en famille, une sorte de justice privée qui s’exerce loin des caméras, et surtout loin de la justice tout étroit. Les récalcitrant et les Verts se félicitent d’avoir suspendu Adrien Quatennens et Julien Bayou rapidement et de leur propre chef. C’est faux. Sans le travail des journalistes, il ne se serait rien passé.

Jean-Luc Mélenchon a pourtant fait des journalistes une de ses cibles préférées. Dimanche, en assurant Adrien Quatennens de son « soutien » et de son « affection », le leader récalcitrant fustigeait encore le « voyeurisme médiatique ». Sauf que cette fois, ça n’a pas marché. En louant la « dignité » et le « courage » de son poulain, il en a trop fait. Pour la première fois, voilà Jean-Luc Mélenchon contesté par les siens. Encore timidement, on l’a vu avec une succession de silences gênés durant une conférence de presse de LFI. Mais jusque-là, à chacun des excès du chef, les troupes faisaient bloc pour le défendre. On l’avait vu lors de la perquisition mouvementée de l’automne 2018. LFI d’abord, et la Nupes ensuite ont été construits par et pour Jean-Luc Mélenchon. Si les fidèles commencent à contester le dogme de l’infaillibilité de leur pape, l’église récalcitrante pourrait s’effondrer rapidement. Et la gauche entrer dans une nouvelle ère, celle de l’après-Mélenchon.

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