Théo Curin se lance dans la traversée à la nage du lac Titicaca

« Les conditions climatiques sont comme prévu : l’eau est froide, l’altitude nous fait mal ». C’est le jour J pour Théo Curin et son équipe. Le jeune nageur paralympique, amputé des quatre membres à la suite d’une méningite quand il était enfant, va relever un défi inédit, en partenariat avec franceinfo : traverser le lac Titicaca et ses 122 kilomètres de longueur à la nage.

Accompagné de deux autres athlètes, Théo Curin est arrivé en Bolivie il y a une semaine pour s’habituer aux conditions météo et à l’altitude. À la mi-journée mercredi 10 novembre, il s’élance pour ses premières longueurs avec l’objectif de rallier l’autre rive au Pérou en dix jours. Le point de départ, c’est la ville bolivienne de Copacabana où Théo Curin est arrivé lundi 8 novembre après quelques jours passés dans la capitale La Paz. Mais ici, pas de longue plage de sable fin et pas le temps de lézarder. « On se rend compte vraiment de la difficulté de ce qui nous attend. On va galérer », prévoit, toujours avec le sourire, le jeune homme.

Le Titicaca, lac au nom mythique, plan navigable le plus haut du monde à 3 800 mètres d’altitude est à la frontière entre la Bolivie et le Pérou. « Quand on tombe nez-à-nez face à ce lac, c’est hyper impressionnant, c’est tellement grand qu’on n’en voit même pas le bout et ça fait flipper », raconte Théo Curin. « Sur les photos on se rend bien compte que ce lac est très grand et vaste mais quand on l’a en face de nous, c’est encore plus impressionnant. »

« C’est du bon stress mélangé avec beaucoup d’excitation surtout. »

Théo Curin

à franceinfo

Cela fait 14 mois que Théo Curin, accompagné de l’ancienne nageuse Malia Metella et de l’éco-aventurier Matthieu Witvoet, se prépare. Presque un an et demi à enchaîner les séances d’entraînement pour une expédition si particulière. Il faut dompter le froid et l’altitude. Les trois nageurs devront aussi tracter un radeau de 500 kilos pour être en autonomie totale. Tout a été pensé jusque dans les détails. « On a fait le plein de crème solaire. On a pris de la crème à indice 100 sinon on crame », s’amuse Thoé Curin.

À quelques heures de s’élancer, Théo Curin qui avait dû renoncer aux Jeux paralympiques de Tokyo et qui a imaginé ce défi de substitution, mesure l’ampleur de la tâche. Six heures de nage par jour pour avaler les 122 kilomètres du parcours. 

À son arrivée en Bolivie, le jeune touche-à-tout de 21 ans a été revigoré par l’accueil de la population. « Dans la rue, au restaurant, il y a des gens qui me reconnaissent ici en Bolivie. C’est dingue, le message est déjà en train de passer alors qu’on n’est même pas partis ! » Arrivée prévue de l’autre côté dans une dizaine de jours.

Théo Curin se lance dans la traversée du lac Titicaca : reportage de Jérôme Val

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