Rennes, un chef d’œuvre enfin achevé

Le football est souvent une affaire de contraste. Celui entre le banc lyonnais et celui du Stade rennais après la déroute subie par les Rhodaniens (4-1) au Roazhon Park, dimanche 7 novembre, en est un.

Comme cette cinquième place sur laquelle vont trôner les Bretons durant la trêve internationale, un mois et demi seulement après avoir frôlé la zone rouge. Car sur une toile comme sur un terrain, jamais rien n’est figé. Et à l’instar du peintre sur son principal outil de travail, seuls les joueurs peuvent en modifier les contours. 

Pourtant, c’est bien sur un tableau vierge qu’a débuté la saison du Stade rennais en août dernier. Le maître d’oeuvre Olivier Létang a quitté le navire il y a déjà bien longtemps et celui qu’il avait lancé, Julian Stéphan, a suivi en démissionnant en mars dernier, alors que la saison battait encore son plein. C’est donc un nouveau duo qui a pris les rênes d’un atelier breton à la rue. Florian Maurice est devenu directeur sportif et a appellé Bruno Genesio, avec qui il avait déjà travaillé à Lyon, pour s’emparer du banc. 

Plusieurs dizaines de millions d’euros sont lâchés dans de nouveaux pinceaux parmi lesquels on compte Gaëtan Laborde, Kamaldeen Sulamana ou encore Baptiste Santamaria. Mais le rendu est brouillon. L’équipe peine dans le jeu et la copie est bien pâle pour une équipe qui a tant animé le mercato. Au bout de six journées et face à l’un des meilleurs artistes de Ligue 1, Marseille, les Rennais sont en perdition (défaite 2-0). Bruno Genesio aussi. « C’est très inquiétant. Ma responsabilité est essentielle. J’assume. Il faut être capable de réagir et de relever la tête, il ne faut pas s’enfermer dans le négatif. » 

Dans cette atmosphère noire et blanche, les Rennais vont alors enfin y mettre quelques touches de couleurs. Sans son piston préféré la saison précédente, Jérémy Doku, qui avait permis de dynamiter de nombreuses défenses, les Bretons se réinventent avec leurs recrues. Sans stars, mais avec un savant mélange de joueurs de devoir comme Flavien Tait et Benjamin Bourigeaud, entourant des finisseurs comme Lovro Majer, Kamaldeen Sulemana et Gaëtan Laborde, les premiers résultats finissent par tomber. Un carton face à Clermont (6-0) lance le nouvel atelier encore balbutiant.

29 – Rennes a glané 29 points à domicile en Ligue 1 depuis les débuts de Bruno Génésio avec le club le 10 mars dernier (9 victoires, 2 nuls, 1 défaite), c’est plus que toute autre équipe sur la période. Roazhon. #SRFCOL pic.twitter.com/FnUtodT5CD

— OptaJean (@OptaJean) November 7, 2021

Et puis c’est l’enchaînement. Une victoire face au PSG vient valider le travail offensif du coach rennais. Les idées sur la toile sont affirmées et le jeu prend forme. Une série de six matchs sans défaite en championnat vient confirmer la bonne dynamique. Mais le tableau de maître n’a été dévoilé que ce dimanche. Face à son ancien mentor, Jean-Michel Aulas, Bruno Génésio a gardé le meilleur pour la fin. Une victoire large et un nouveau statut. L’atelier est enfin reconnu et est prêt à s’exporter. 

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