les maux que les Bleus doivent gommer avant d’affronter les All Blacks

On en avait presque oublié leurs failles. Avant ce France-Argentine, remporté (29-20) par le XV de France, samedi 6 novembre, à l’occasion du premier test-match de la tournée d’automne, les dernières sorties des joueurs de Fabien Galthié et notamment la tournée en Australie avec une équipe profondément remaniée, avaient laissé entrevoir une maîtrise collective que l’on avait plus vue depuis longtemps chez les Bleus. Aussi féroces qu’étouffants en défense, aussi virevoltants qu’opportunistes en attaque, les Français avaient même réussi à freiner leur indiscipline.

Contre l’Argentine, les rouages de la machine ont sacrément couiné. Pas assez pour les Bleus tombent à domicile, mais assez pour rappeler à tous les axes de travail à affiner dans les jours à venir et à tester contre les Géorgiens (14 novembre) pour espérer rivaliser face aux All Blacks (20 novembre).

C’est un mal dont le XV de l’ère Galthié a décidément du mal à se dépêtrer. D’ailleurs, sur les six défaites concédées par ce groupe, cinq l’ont été lors d’un scénario quasi identique : les Bleus mènent à quelques minutes de la fin, déraillent, enchaînent les mauvaises décisions et chutent. Surtout, l’ensemble de ces défaites ont été marquées par un nombre de fautes trop importants (14 pénalités concédées en Australie, 16 contre l’Angleterre, 15 contre l’Ecosse) et des cartons.

 Sur la première mi-temps, on a été un peu bousculés. On est tombés aussi dans leur jeu de l’agressivité, de parler, tout ça. Puis, on a réussi à corriger le tir en se concentrant sur nous-mêmes.

Gabin Villière

à franceinfo : sport

Contre l’Argentine, les Bleus ont été sanctionnés 13 fois dont 6 fois dans les 25 premières minutes. C’est bien trop quand on sait que les staffs martèlent qu’il ne faut pas dépasser les dix pénalités par match pour espérer gagner. Le pilier droit, Cyril Baille, a d’ailleurs dû faire banquette dix minutes après avoir reçu un carton jaune (28e).

Si les avants ont redressé le tir en seconde période, sûrement remontés par leur passage aux vestiaires, la première a appuyé sur l’une des rares faiblesses du capitaine du jour et demi-de-mêlée, Antoine Dupont. Oui, le numéro 9 a su faire parler sa magie – on pense à cette relance le long de la touche en duo avec Damian Penaud et cette croisée avec Matthieu Jalibert, toutes deux échouant dans les 10 mètres argentins – mais il a aussi de nombreuses fois reculé de quelques pas avant d’envoyer des passes parfois hasardeuses, un peu trop dosées à ses coéquipiers alors qu’il extirpait le ballon d’un ruck disputé. Dans cette période de cafouillage, on l’a plus vu s’illustrer en soliste, sans réussir à emporter les siens sans son sillage.  

Dans ces circonstances, difficile de juger la performance du duo d’ouvreurs Jalibert-Ntamack, qui évoluaient côte à côte pour la première fois. Les Argentins ont pris un malin plaisir à couper les lignes de passes pour gêner au maximum le duo et rares ont été les occasions de sorties propres avant la sortie de Romain Ntamack (54e), remplacé par Jonathan Danty. On demande à revoir.

Cette entrée de Danty, à côté de celle d’Alldritt et deTaofifenua, marque d’ailleurs l’un des tournants du match. « On avait cette option sur notre banc et on sentait qu’on avait besoin d’avoir plus d’impact, de physique. On a parfois été malmenés dans le combat. Ils étaient plus présents dans le jeu au sol et on a décidé de coacher des joueurs pour apporter plus de solidité », exposait d’ailleurs Fabien Galthié en conférence d’après-match. Car en alignant une troisième ligne Cros-Jelonch-Woki, en faisant le choix de déplacer Ntamack au centre aux côtés de Gaël Fickou, le staff de l’équipe de France avait misé sur des profils plutôt aériens et mobiles et choisi de sacrifier une part de puissance.  

Un déficit physique qui a longtemps fait mal. Moins sereins que d’habitude en touche, dominés à l’impact, les Bleus ont fait tomber bon nombre de ballons. « Si on commet des en-avant, c’est parce qu’ils mettent de l’intensité, ça nous a empêchés de conclure sur nos temps forts […] Le déficit de puissance n’est pas forcément lié à un joueur. Peut-être un déficit de courses, d’intensité, de connexions entre les joueurs. »

Alors à savoir : quid des changements, de la fatigue qui a gagné les rangs argentins ou tout simplement des meilleures intentions des Bleus après la pause, a fait la différence ? Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit-là d’autant de failles dans lesquelles les Néo-Zélandais n’hésiteront pas à s’engouffrer.

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