les Bleus à 90 minutes d’une qualification pour la Coupe du monde

Depuis l’Euro de juin dernier, les Bleus ont la fâcheuse habitude de prendre du plaisir à se faire peur. Alors qu’elle s’apprête à jouer sa qualification pour la Coupe du monde 2022 ce samedi 13 novembre (20h45) face au Kazakhstan, l’équipe de France, devenue championne de la réaction ces derniers mois, a concédé l’ouverture du score lors de sept de ses huit derniers matchs. Chaque fois, les Bleus sont revenus au score.

Même si l’équipe de Didier Deschamps est parvenue à remporter la Ligue des nations en octobre dans ces conditions au terme d’une semaine italienne renversante, on parierait que le sélectionneur attend du changement. Que ses joueurs se départissent de cette manie, pour éviter de nouvelles suées dans un match aussi décisif que celui qui attend les Bleus ce samedi au Parc des Princes.

En cas de victoire face au Kazakhstan, l’équipe de France viendrait à bout d’un groupe D dans lequel elle n’a jamais perdu mais a connu les plus grandes difficultés pour assumer son statut de championne du monde. Mais si elle venait à se retrouver menée, comme ces derniers mois, la situation pourrait devenir irrespirable. Même contre le Kazakhstan.

Car à dire vrai, les Bleus possèdent déjà leur ticket pour le Qatar. Ne reste qu’à le composter – alors que l’équipe de France se qualifie rarement à l’avant-dernière journée d’une campagne de qualifications – contre la 125e nation au classement FIFA. Un adversaire plus que prenable et sauf accident de parcours, la France devrait obtenir ce soir le précieux sésame qui lui permettra de s’envoler pour Doha, dans un peu plus d’un an pour le début du Mondial, le 21 novembre 2022.

Mais pour assurer l’essentiel, les Bleus devront faire preuve de sérieux. Un message martelé par Hugo Lloris vendredi, en conférence de presse d’avant-match : « On connaît nos obligations et ça passe par une victoire. Tout reste à faire. (…) Il faut se tenir prêt parce qu’on ne sait jamais à quoi s’attendre et encore plus face à des équipes qui n’ont rien à perdre. » Lors du match aller en mars dernier, malgré la différence de niveau entre les joueurs des deux équipes, les Bleus ne s’étaient imposés que 2-0 sur une pelouse synthétique et au terme d’un match soporifique.

Kylian Mbappé et Karim Benzema lors de l’entraînement de l’équipe de France au Parc des Princes, le 12 novembre (FRANCK FIFE / AFP)

L’histoire que partagent l’équipe de France et le Parc des Princes – où a été délocalisé cette rencontre en raison de la symbolique de la date, six ans après les attentats, et pour des travaux sur le RER B – doit également rappeler aux joueurs le sérieux nécessaire pour un tel rendez-vous. L’équipe de France a bien remporté son premier trophée international, l’Euro 1984, au Parc des Princes, mais y a aussi connu une immense désillusion en novembre 1993.

« Mes premiers souvenirs de football, c’est la Coupe du monde 1994 aux États-Unis, sans l’équipe de France. Plus tard, j’ai compris pourquoi la France n’y était pas », a indiqué Lloris vendredi, en faisant référence au France-Bulgarie (1-2) et au doublé d’Emil Kostadinov qui avait privé les Bleus du Mondial américain. Didier Deschamps, sur la pelouse ce soir-là, a botté en touche hier : « Je suis très heureux (de revenir au Parc des Princes), comme je suis de nature optimiste, je ne me souviens que des bons souvenirs ».

Mais le sélectionneur a bien vécu cette soirée cruelle et ne manquera pas de rappeler à ses joueurs qu’un faux pas n’est jamais loin. De nature méfiante, même malgré la victoire en Ligue des nations qui a reboosté la dynamique de son équipe – « la meilleure vitamine, c’est de gagner » -, Deschamps sortira l’artillerie lourde samedi soir, alors qu’il avait fait tourner lors du match aller à Noursoultan.

C’est parti pour l’entraînement veille de match #FiersdetreBleus pic.twitter.com/uNsnVS8i74

— Equipe de France ⭐⭐ (@equipedefrance) November 12, 2021

Karim Benzema, qui a participé à son premier entraînement collectif de la semaine hier soir, sera bien là. Kingsley Coman, qui a évolué en piston droit pendant la moitié de la confrontation à huis clos hier, pourrait prendre la place de Pavard. L’ailier a longuement discuté avec Deschamps à la fin de l’entraînement, le sélectionneur lui donnant des consignes sur son placement à un poste qui lui est étranger.

Signe de l’ambition sur ce match des Bleus dont l’objectif sera de marquer tôt dans le match. « On a eu ce genre de matchs à jouer par le passé et on le sait, il faut se les rendre facile. Ça passe par une très grosse entame de jeu. (…) Il faut mettre de l’intensité, marquer vite pour pouvoir passer un bon moment avec nos supporters », a insisté Lloris. Tout faire, donc, pour éviter d’avoir à jouer un match décisif contre la Finlande mardi prochain à Helsinki, dans des conditions forcément défavorables.

Mais en cas de match nul entre la Bosnie et la Finlande en milieu d’après-midi ce samedi, l’équipe de France n’aurait besoin que d’un point contre le Kazakhstan ce soir pour se qualifier. L’heure n’est pourtant pas aux petits calculs, pour ne pas avoir à jouer cette finale contre les Finlandais, alors que des cadors comme le Portugal, la Croatie et l’Espagne vont devoir passer par là dimanche pour espérer accrocher la première place de leur groupe.

« Les qualifications, c’est toujours une longue route, parfois périlleuse », affirmait Didier Deschamps en conférence de presse vendredi, avant l’entraînement des Bleus. L’équipe de France en voit le bout. Il ne lui reste plus qu’à disposer de la modeste équipe du Kazakhstan pour accomplir « un autre de ses trois objectifs de 2021 » (Euro, Ligue des nations, qualifications pour le Mondial) comme l’a expliqué le sélectionneur. Autrement, il faudra aller se frotter à son destin du côté d’Helsinki.

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