le bulldozer Mauvaka, l’artiste Ntamack, des All Blacks dépassés… ce qu’on a aimé et moins aimé de la victoire française

Hormis un trou d’air en début de seconde période, le XV de France a survolé ce dernier match de la tournée d’automne, samedi 20 novembre, au Stade de France. Et ce n’est pas « le pays au long nuage blanc » qui a perturbé sa navigation. Méconnaissables, parfois presque quelconques, les All Blacks ont subi la foudre de Tricolores à la fois déchaînés et parfaitement organisés. Retour sur ce plan de vol quasi parfait. 

Un avant-match à la hauteur de l’évènement

Il y avait d’abord eu ce haka, respecté par le public et gorgé d’intensité, comme toujours. Et puis s’en est suivie, moment magique, une Marseillaise reprise en choeur, et a cappella, par tout un stade au grand complet. Face à l’Argentine, ils étaient 55 000 pour les retrouvailles post-Covid avec le Stade de France, mais là, pour les All Blacks, c’était bien 80 000 gorges déployées qui ont porté les Bleus à ébullition avant le coup d’envoi.

Une entame avec un appétit d’ogre 

C’est elle qui a donné le ton. Sans ce début de match comme un conte de fée, l’issue et la physionomie auraient peut-être été différentes. Là, dès les premières minutes, il était évident que les hommes de Galthié n’étaient pas venus pour enfiler les perles. Peu importe le pedigree de l’adversaire, les Bleus ont déplumé les Kiwis, chassés dans leur propre en-but par le bulldozer Mauvaka. La deuxième couche, passée par l’artiste Romain Ntamack, n’était pas de trop, sachant que les moutons blacks n’allaient pas se laisser tondre aussi facilement par la suite… 

VIDEO. Le premier essai du match, signé Mauvaka

Mauvaka par la voie terrestre, Jaminet par celle des airs

Si tous les joueurs tricolores mériteraient une mention, Peato Mauvaka, le talonneur du Stade Toulousain aura, par ses charges, creusé le sillon de la victoire. A l’autre bout de l’équipe, au poste d’arrière, Melvyn Jaminet a encore marqué des points. Pas seulement dans un rôle de buteur qu’il semble maîtriser de plus en plus (un 8 sur 8 immaculé dans ses pénalités et transformations), mais aussi dans celui d’un numéro 15 complet, à l’aise sous les chandelles et premier contre-attaquant. 

La relance de Ntamack à l’heure de jeu

Elle a remis les Bleus dans le bon sens alors qu’ils ne mettaient plus un pied devant l’autre. Elle a réveillé le Stade de France. Elle a conduit à l’expulsion temporaire de Savea et permis à Jaminet d’ajouter trois points qui faisaient du bien alors que le nuage noir menaçait. Mais surtout, au delà de tous ces aspects purement factuels, qu’est-ce qu’elle était belle ! L’audace qu’il a fallu à l’ouvreur toulousain pour repartir depuis son en-but et sa vista pour naviguer entre les Blacks et traverser une partie du terrain resteront comme l’image du match. Et tout ça avec toujours le buste droit et la foulée féline. Pour ne rien gâcher.

Une intensité oubliée aux vestiaires

On a beau savoir qu’une miette suffit aux Blacks pour qu’ils en fassent un festin, les Français ont failli payer très cher le relâchement dont ils ont fait preuve à l’appel de la seconde période. Leur avance de 18 points à la pause s’est écroulée en l’espace de 20 minutes, et sans la relance de Ntamack, l’hémorragie aurait pu se propager encore plus. Oubliée la pression défensive sur laquelle les Bleus avaient bâti leur plan d’attaque durant les 40 premières minutes, ils ont déroulé le tapis rouge à leurs invités.

VIDEO. Les Blacks marquent un 3e essai et reviennent tout près au score

Si l’indiscipline du début de match a fait craindre le pire (deux pénalités en trois minutes), si l’alignement a souffert face à l’expérience du duo Whitelock-Retallick, c’est bien cette baisse d’intensité que l’on retiendra comme point noir face aux All Blacks. 

Des Blacks pâles

On ne sait pas si c’est le fait de les voir en blanc, mais qui aura reconnu les terribles All Blacks samedi soir au Stade de France ? Le mérite en revient en grande partie à nos Bleus, qui ont concassé la Nouvelle-Zélande comme rarement, voire jamais, dans l’histoire commune de ces deux pays. Hormis une réaction d’orgueil en début de seconde période, les triples champion du monde ont été indignes de leur rang.

Certainement fatigués par une tournée qui les a réunis depuis trois longs mois, les partenaires d’un Jordie Barrett aux fraises sont passés largement au travers. Si les avants ont surnagé, les lignes arrières, celles qui ont fait la légende de ce pays, ont elles été surclassées par la classe bleue. Les temps changent.

Related Articles

A lire absolument