la WTA « demeure profondément inquiète » pour la joueuse chinoise

Après la vive émotion déclenchée par la disparition de Peng Shuai, les quelques réponses apportées par le gouvernement chinois n’ont pas convaincu. Au contraire, elles n’ont fait qu’accroître les inquiétudes.

Le samedi 27 novembre, le président de la WTA, qui gère le circuit féminin de tennis, s’est dit « profondément inquiet » quant à la liberté de parole de la joueuse chinoise Peng Shuai qui avait accusé début novembre un haut dirigeant de son pays d’un rapport sexuel forcé, a indiqué samedi une porte-parole à l’AFP.

Avant d’ajouter que Steve Simon « a décidé de ne pas reprendre contact avec elle via mail tant qu’il ne serait pas certain que ses réponses seraient personnelles et non celles de ses censeurs ». Elle n’a en revanche pas souhaité revenir sur une information de la BBC s’appuyant sur les déclarations d’un « ami » de la joueuse et selon lesquelles elle aurait envoyé un mail à Steve Simon, le remerciant de son inquiétude, mais lui demandant de ne pas intervenir afin de la laisser « tranquille ».

La sportive de 35 ans, championne du double à Roland-Garros en 2014, avait publié début novembre sur le réseau social chinois Weibo un long message sur sa relation avec l’ex-vice Premier ministre Zhang Gaoli, de 40 ans son aîné.
Dans ce texte en forme de lettre ouverte rapidement censuré sur l’internet chinois, elle s’épanchait longuement sur ses sentiments à l’égard de l’ex-dirigeant, retraité depuis 2018. Elle lui reprochait notamment de l’avoir forcée à une relation sexuelle il y a trois ans.

A statement on the recent video of Peng Shuai posted by China state-run media

— wta (@WTA) November 20, 2021

De nombreuses stars du tennis mondial, de Chris Evert à Novak Djokovic et plusieurs pays occidentaux, notamment la France et les États-Unis mais aussi l’Union européenne et l’ONU, ont demandé à Pékin de faire la lumière sur le sort de Peng Shuai. La jeune femme est réapparue le week-end dernier dans un restaurant de Pékin et lors d’un tournoi de tennis organisé dans la capitale chinoise, selon des vidéos publiées par des médias officiels.

Dimanche, elle a aussi dialogué par visioconférence avec le président du Comité international olympique (CIO) Thomas Bach. Selon le CIO, Peng Shuai a expliqué qu’elle était « saine et sauve à son domicile à Pékin mais qu’elle aimerait que sa vie privée soit respectée ». Et mardi, c’est Pékin qui a appelé à ne pas « politiser » ni « monter en épingle » l’affaire Peng Shuai, dans une rare réaction officielle aux accusations portées par la joueuse.

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