Kingsley Coman, un piston et des promesses

C’est officiel, la France sera de la partie à la Coupe du monde 2022 au Qatar. Les Bleus ont validé leur qualification, samedi 13 novembre, en écrasant le Kazakhstan au Parc des Princes (8-0). Mais les enseignements pour l’avenir de cette équipe ambitieuse se cachent derrière l’orgie de buts. Sa modeste adversité était déjà vaincue, assurée d’être éliminée, et sa qualification était attendue. L’enseigement principal tient dans les progrès de la nouvelle organisation tactique de Didier Deschamps, avec trois défenseurs centraux et deux pistons.

Face au Kazakhstan, la moitié des buts marqués par les Bleus ont été donnés par un des deux joueurs de couloir (4/8). Avec deux nouvelles passes décisives, Theo Hernandez a conforté sa place à gauche, là où il n’avait mis que quatre sélections pour y faire son trou. C’est à droite que les interrogations subsistaient, comme le seul point sombre d’une feuille de route toute tracée. Les balbutiements de Benjamin Pavard ont poussé Deschamps à prendre une décision forte, samedi soir, en titularisant Kingsley Coman à sa place, lui l’ailier très offensif. Un choix qui s’est avéré payant.

Le temps d’une soirée, le couloir droit de l’équipe de France a retrouvé du tranchant. Moins de dix minutes ont permis de rappeler l’étendue de la palette offensive du joueur du Bayern Munich. Sa capacité à gagner des un-contre-un par le dribble et à prendre de vitesse les défenseurs adverses ont fait mouche grâce à une extrême précision dans le dernier geste. C’est lui qui a offert à Kylian Mbappé les buts du 2-0 (12e) et du 3-0 (32e), à chaque fois après avoir été trouvé en profondeur, par une passe en retrait d’abord puis sur un centre parfait.

Kingsley Coman’s first half by numbers vs. Kazakhstan:

94% pass accuracy
54 touches
8 crosses
4 duels won
3 successful take-ons
3 chances created
2 big chances created
2 assists

Superb. pic.twitter.com/iI6ZfGqQIS

— Squawka Football (@Squawka) November 13, 2021

Kingsley Coman a fait vivre un véritable supplice à l’arrière-garde kazakhstanaise, en particulier au pauvre n°6 Maksat Taykenov. En réussissant six dribbles, il a établi son 2e plus haut total avec les Bleus, après ses 7 contre la Moldavie deux ans plus tôt. Une performance dans la lignée de ses dernières sorties en club, brillantes depuis son opération du cœur en septembre pour traiter une arythmie qui l’essoufflait. « Je me suis senti très bien avec Kingsley. C’est un joueur qui sait faire des différences et il a été très juste ce soir », s’est réjoui Jules Koundé après la rencontre, lui qui a donné le ballon à Coman sur ses deux passes décisives.

S’il ne découvrait pas totalement ce poste de piston, puisqu’il l’a occupé une semaine plus tôt avec Munich contre Fribourg (victoire 2-1), Kingsley Coman a marqué des points tout en apportant du crédit à la nouvelle organisation tactique adoptée par son sélectionneur. « Je ne fais jamais de ‘one shot’. Evidemment, il est une option. Ce n’était pas risqué du tout aujourd’hui, parce que j’imaginais qu’on aurait plus le ballon et Kingsley allait se retrouver dans une position qui lui convient bien. Aujourd’hui, il a eu des bonnes sensations », a noté Didier Deschamps en conférence de presse d’après-match.

À un an du coup d’envoi du Mondial 2022, le temps est encore long, mais les rassemblements ne seront pas nombreux. Après le déplacement en Finlande, mardi, il faudra attendre le mois de mars pour la prochaine réunion à Clairefontaine. S’il est épargné par les blessures, celui qui a manqué plus de matchs qu’il n’en a disputé en sélection depuis ses débuts en 2015, est devenu une option crédible pour l’avenir des Bleus. Mais toutes les interrogations n’ont pas été effacées d’un revers de main.

>> Lire aussi : France-Kazakhstan : Mbappé sans pitié, les promesses de Coman… Les notes des Bleus

Face à des adversaires qui n’avaient plus rien à jouer et très en deçà du niveau des Bleus, le contexte était idéal pour briller. Les doutes sur les capacités défensives de l’ailier du Bayern perdureront tant qu’il ne se sera pas frotté à une adversité plus féroce. « Est-ce possible de le répéter ? Oui, mais face à d’autres adversaires, ça demande des aménagements, même s’il a fait des efforts défensifs aujourd’hui », a tempéré Deschamps. L’intéressé pourra lui répondre que jusqu’à présent l’équipe de France ne s’est jamais inclinée lorsqu’il était titulaire (16 matchs : 12 victoires, 4 nuls).

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