entre Lewis Hamilton et Max Verstappen, « la diplomatie, c’est fini »

Avant le Grand Prix du Qatar, dimanche 21 novembre, Max Verstappen et Lewis Hamilton ne comptent que quatorze points d’écart au classement des pilotes. À trois courses de la fin de la saison et dans un championnat du monde très serré, parfois même tendu, tout prétexte afin que le concurrent écope d’une pénalité est utilisé par les écuries pour défendre leur pilote. 

Une semaine après le Grand Prix de São Paulo, et malgré la victoire de Lewis Hamilton, Mercedes n’en démord pas. Selon l’écurie septuple championne du monde des constructeurs, Max Verstappen a commis une faute au 48e tour de la course à Interlagos en obligeant le pilote britannique à sortir de la piste alors qu’il s’était porté à hauteur de la Red Bull pour la dépasser. Les commissaires avaient alors décidé de ne pas sanctionner le Néerlandais, mais Mercedes a demandé la révision de cette décision, avançant « de nouvelles preuves qui n’étaient pas à la disposition des commissaires de course au moment de leur décision ». Une demande rejetée, vendredi, par la FIA (Fédération internationale de l’automobile). 

Avant cet incident au Brésil, d’autres accrochages entre les deux leaders du championnat du monde ont émaillé la saison. En juillet, lors du Grand Prix de Silverstone, au premier tour, la Mercedes de Lewis Hamilton avait percuté la Red Bull de Max Verstappen, envoyant le Néerlandais au fond du bac à graviers, dans les barrières de pneus, pour un impact évalué à 51G par les capteurs de la monoplace. Le Britannique avait écopé de dix secondes de pénalité, qui ne l’avaient pas empêché de remporter la course. Envoyé à l’hôpital pour des examens complémentaires, Verstappen n’avait pas du tout apprécié les célébrations du pilote Mercedes après sa victoire, qualifiées d’ « irrespectueuses ». 

À Monza en septembre, les deux pilotes s’étaient à nouveau accrochés, au 26e tour, la monoplace Red Bull chevauchant la Mercedes. Ils avaient été contraints à l’abandon tous les deux et étaient retournés dans leur garage dans une ambiance glaciale, en rejetant la faute de cet accident l’un sur l’autre. Finalement, le Néerlandais avait été sanctionné de trois places de pénalité sur la grille du Grand Prix suivant, en Russie. 

À la suite de l’incident à Interlagos, dimanche dernier, Red Bull et Mercedes avaient forcément défendu les intérêts de leur pilote, et donc, leurs intérêts. Car au delà de la bataille au classement des pilotes, les écuries sont également au coude à coude au classement des constructeurs, avec onze points d’avance pour Mercedes. Elles cherchent donc la moindre petite faille attaquable et sanctionnable chez leurs adversaires. Très remonté par la manoeuvre défensive musclée de Verstappen au Brésil, Toto Wolff, le patron de Mercedes, avait déclaré : « La diplomatie, c’est fini ». 

Depuis le début de la saison, Toto Wolff et son homologue de chez Red Bull, Christian Horner, s’écharpent à coup de joutes verbales pour défendre leurs pilotes coûte que coûte.  « Il y a un respect entre nos deux équipes, mais nous ne fonctionnons pas de la même manière. Pour ma part, je veux être en première ligne, assis sur le muret des stands, tandis que Toto préfère rester dans le garage à côté du gars qui s’occupe des médias […] Ce sont des fonctions différentes et des rôles différents, mais au final nous adorons tous les deux la compétition. Et plus Toto s’énerve, plus cela devient amusant ! », avait  déclaré Horner à Channel 4. 

En demandant la révision de la décision des commissaires au Brésil, Mercedes s’est aussi attiré une pique de la part de Max Verstappen, qui a estimé, au micro de médias néerlandais, que l’écurie « montrait sa vraie nature ». Plus réservé, Lewis Hamilton a quant à lui tenu à calmer le jeu : « C’est intense, la bataille sur et hors piste… Je pense qu’il n’y a aucune raison pour que, en tant qu’hommes, cela ne puisse pas être discuté et compris. Je pense qu’en fin de compte, le respect est vraiment important, que nous restons respectueux les uns des autres, sur et hors piste ». Toto Wolff s’attend quant à lui à une fin de saison tendue en piste, qui pourrait faire de nouvelles étincelles : « Je ne donnerai jamais l’instruction de percuter quelqu’un d’autre, mais s’ils se rendent à cette dernière course et que celui qui finit devant l’autre remporte le championnat, ils se feront la course de manière très dure ».

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