deux ans après, les supporters à la fête pour leur retour au Stade de France

Presque deux ans plus tard, le Stade de France chante à nouveau pour son équipe de rugby nationale. Longtemps privés de rugby et de fête, les supporters du XV de France ont décidé de faire d’une pierre deux coups, samedi 6 novembre, devant l’enceinte parisienne. 

Plus de trois heures avant le coup d’envoi déjà, les quelques bodégas jouxtant les grilles du stade étaient pleines. Si les portes pour accéder aux tribunes n’ouvraient qu’à 19h, les supporters, souvent en bandes, profitaient encore de quelques verres.

« On est venu du Pays Basque avec des copains, explique Nicolas, au comptoir du bien-nommé bar La troisième mi-temps. Hier soir j’étais à Jean-Dauger (le stade de l’Aviron Bayonnais) et on est parti ce matin. On a juste fait l’aller-retour pour le match, on repart demain de Montparnasse. C’est notre première fois à Paris ! » Drapeau basque sur les épaules, Nicolas suivra attentivement le match de Maxime Lucu, remplaçant au coup d’envoi, qui pourrait faire ses premiers pas avec le maillot frappé du coq. 

Si les drapeaux tricolores, maillots bleus ou autres bonnets de coq squattent les abords du stade, quelques maillots des Pumas dénotent. Celui de Facundo (photo, à droite ci-dessous) est bien visible : malgré le temps frais en Ile-de-France, sa veste est grande ouverte. Mais l’Argentin est aussi fier de son maillot que de son parcours de formateur : « Ce soir sur la pelouse, il y aura plusieurs joueurs que j’ai entraînés quand ils étaient tout petits. Facundo Isa, Santiago Cordera, Pablo Matera, je les ai connus quand ils étaient enfants. C’est une grande fierté de les jouer pour les Pumas », s’entousiasme le quinquagénaire.

Plusieurs supporters argentins étaient présents au Stade de France pour suivre le match France-Argentine, samedi 6 novembre 2021. (Elio Bono)

En voyage à Amsterdam, ce dernier a profité d’un crochet jusqu’à Paris pour suivre son équipe nationale. Ses deux compères du soir ont vécu un voyage plus agité. Facundo et Sébastian, Argentin et Uruguayen, vivent à Rosas, en Espagne. Après une première escale à Perpignan, les deux joueurs amateurs en Espagne ont ensuite pris un bus pour rallier la capitale. Un sacré trajet pour assiter à nouveau à un match des Pumas. « On a déjà été en Ecosse, au pays de Galles, en Irlande et en Angleterre et ce soir c’est notre premier match en France. J’espère vraiment que l’on va gagner », sourit Sébastian.

Un peu plus loin, alors que résonnent les plus grands classiques de soirée de rugby, tels que Le chasseur de Michel Delpech ou la Pena Baiona, c’est un autre titre, moins connu, qui est scandé à l’envie par un petit groupe. Muni d’un grand drapeau, ce petit collectif enchaîne les « Allez Thibaud », pour Thibaud Flament, dernier appelé chez les Bleus. « On est des amis de Thibaud, précise un jeune homme. On est là pour assister à sa première sélection. C’est énorme qu’il porte le maillot de l’équipe de France aujourd’hui. » 

Pour sa première cape, Thibaud Flament a été soutenu par ses proches (dont son père, au centre) venus de Belgique. (ELIO BONO)

Il faut dire que le parcours du jeune homme n’est pas commun dans le rugby. Après avoir grandi en Belgique, puis en Angleterre, le longiligne seconde-ligne est devenu professionnel sur le tard. Il a même découvert le championnat de France… en 2020. 

« Il a toujours été bon mais on s’attendait pas à le voir à un tel niveau. On avait déjà assisté à la finale de Coupe d’Europe l’année dernière pour le voir (le Stade toulousain de Thibaud avait été sacré champion, NDLR) et on ne pouvait pas manquer sa première cape. J’espère qu’on pourra le voir après le voir après le match, dans tous les cas on fera la fête pour lui! »

À 45 minutes du coup d’envoi, les Bleus entrent sur la pelouse pour s’échauffer. Autour d’eux, le Stade de France se remplit peu à peu. #FRAARG @francetvsport @franceinfo pic.twitter.com/w9IS9yMDDN

— Elio Bono (@eliobonobo) November 6, 2021

C’est dans une toute autre ambiance que Thibaud Flament et ses coéquipiers sont arrivés à Saint-Denis, sur les coups de 21h. Concentrés, les Bleus s’avancent vers le premier match de leur tournée d’automne. Le premier devant leur public du Stade de France depuis de (trop) longs mois. A l’image de leurs supporters, 50 000 ce soir dans les tribunes, les joueurs aussi veulent s’offrir une belle fête. 

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