« C’est une force de combattre ensemble », se réjouit Jessie Da Costa, qui combattra aux côtés de ses frères Steven et Logan

Alors que les championnats du monde de karaté commencent mardi 16 novembre à Dubaï (Emirats arabes unis), Jessie Da Costa, le frère jumeau de Steven – sacré premier champion olympique de l’histoire du karaté à Tokyo cet été – a été sélectionné pour la première fois en individuel, dans la catégorie des moins de 84 kg.

Si le karatéka de 24 ans, étudiant en deuxième d’année d’école d’infirmier, est déjà monté sur de nombreux podiums en équipe – champion d’Europe en 2016, vice-champion d’Europe en 2017 et médaillé de bronze au championnat du monde en Autriche, en 2016 – il espère débloquer son compteur de médaille en individuel à Dubaï. Jessie Da Costa s’est confié auprès de franceinfo: sport sur ce nouvel objectif ainsi que sur son frère Steven et la disparition du karaté aux JO de Paris 2024.

franceinfo: sport : Quel est votre objectif sur ces Mondiaux ? Dans quel état d’esprit êtes-vous à l’approche de l’événement ? 

Jessie Da Costa : Comme dans tous les grands événements, le stress commence à monter. Mais j’essaie de prendre les choses avec sérénité. C’est ma première sélection en individuel en équipe de France. Je veux prendre du plaisir, c’est le plus important. On s’est tous entraînés dur, et, bien évidemment, quand je suis en compétition, je n’y vais pas pour perdre. J’y vais pour être champion du monde. 

Lors de ces Mondiaux, vous êtes engagé en individuel et par équipes. Qu’est-ce que cela représente pour vous d’avoir vos deux frères (Steven et Logan) dans l’équipe, de combattre en famille ? 

C’est vraiment cool. Steven (24 ans) et moi, nous avons intégré plus ou moins en même temps l’équipe de France, et notre frère aîné Logan (29 ans), un peu avant nous. Nous avons quasiment toujours combattu ensemble en équipe. 

Steven Da Costa (à g.) avec ses frères Logan (à d.), son père Michel, le coach de la fratrie, et son frère jumeau Jessie, dans la maison familiale, le 5 mai 2020 à Mont-Saint-Martin (Meurthe-et-Moselle). (FRANCK FIFE / AFP)

C’est une force de combattre ensemble. Les liens sont encore plus forts et uniques. Forcément, c’est une force quand ton frère t’encourage ou quand tu vois ton frère sur le tatami. Après, c’est aussi un stress en plus quand on le voit combattre. Et puis, l’esprit de groupe est un peu plus facile à développer parce que nous nous connaissons déjà par cœur, et cela crée une unité un peu plus rapidement. 

Est-ce dur de se faire une place dans son sport quand son frère jumeau est champion olympique ? 

Non, pas du tout. Après le titre olympique de Steven, je suis devenu l’homme le plus fier du monde. Avant même d’être champion olympique, il avait déjà un palmarès long comme le bras (champion du monde 2018, médaillé de bronze par équipes et en individuel aux mondiaux de 2016 entre autres). Et je n’ai jamais essayé de me comparer à lui. Je suis juste très content et fier de lui. Quand il gagne, je gagne et quand je gagne, il gagne aussi. C’est comme ça. 

⚔️ #TeamDaCosta pic.twitter.com/y5O2NSd1sr

— Steven Da Costa (@Steven_DaCosta) November 8, 2021

J’essaie de faire mon petit bout de chemin, et ma petite carrière dans mon coin, en espérant que tout se passera bien. Mais, il n’y a jamais eu de jalousie ou un quelconque complexe par rapport à ce que nous avons chacun accompli. Il a sa carrière, j’ai la mienne.

Vous donnez-vous des conseils l’un et l’autre sur votre discipline et vos carrières respectives ? 

Oui bien sûr, on est liés par le sport. On s’entraîne tous les jours ensemble, et on se conseille tout le temps. À l’entraînement, on va se dire « bien joué la technique », « bien joué ça ». Et puis, on se parle beaucoup de karaté, de compétition. On est tout le temps ensemble, à l’entraînement ou sur les compétitions.

Vous avez notamment été son partenaire d’entraînement dans la dernière ligne droite avant Tokyo…

Oui, nous nous sommes entraînés ensemble pour terminer la préparation des JO. Je l’ai accompagné jusqu’à ce qu’il entre au village olympique, où malheureusement je n’ai pas pu le suivre, en raison des conditions sanitaires. 

Dans trois ans aux Jeux olympiques de Paris, le karaté ne fera plus partie des disciplines au programme. Votre frère a pourtant beaucoup œuvré après son titre pour demander de le réintégrer. Êtes-vous triste de cette issue ?

Je suis triste, bien sûr. Notre sport est très fédérateur et véhicule beaucoup de valeurs. C’est dommage de nous retirer de cette exposition, qui nous permettait de nous faire connaître du grand public. J’ai vu Steven se battre tout l’été pour qu’il soit réintégré au programme olympique. Mais à un moment, on n’est plus dans la désillusion, mais dans la résilience.

« Je me dis que tant pis, je ne connaîtrai jamais les JO. »

Jessie Da Costa

à franceinfo: sport

C’est comme ça, mais c’est dommage pour les générations à venir et triste pour les JO aussi car je trouve que nous avons présenté un beau spectacle à Tokyo, et que l’engouement a été fort. Et puis, nous avons de bons athlètes en France.

Sans les Jeux, les Mondiaux redeviennent la compétition majeure. Est-ce que les JO ont eu un impact sur l’intérêt porté aux Mondiaux ?

Un peu, oui, je trouve. Comme Steven a fait une couverture médiatique incroyable avec son titre, les gens ont un peu réalisé ce qu’on faisait réellement. Beaucoup de gens sont venus me voir en me disant : « Ton frère est trop fort » ou « Wow, tu vas faire les Mondiaux ». 

Related Articles

A lire absolument