Ce que l’on sait de la disparition de trois alpinistes français il y a une semaine au Népal

Il y a une semaine jour pour jour, trois alpinistes français disparaissent alors qu’ils tentent au Népal l’ascension inédite par sa face ouest d’un sommet de 6 070 m, le Mingbo Eiger. Tous trois sont des alpinistes aguerris, membres du Groupe excellence alpinisme national (GEAN), formation d’élite de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM).

Une avalanche à l’origine de l’accident

Louis Pachoud, un Chambérien de 27 ans, Gabriel Miloche, originaire de Briançon, 27 ans également et Thomas Arfi, un Niçois de 34 ans, faisaient partie d’une équipe arrivée fin septembre, dans la région du Khumbu et de l’Everest, dans le but de gravir différents sommets culminant à quelque 5 000 et 6 000 m, au sud de l’Ama Dablam (6 814 m). Partis à huit, ils n’étaient que trois à tenter cette ascension.  

Le dernier contact téléphonique avec eux remonte au 26 octobre, depuis leur bivouac. Selon les dernières traces localisées grâce à une reconnaissance par hélicoptère, les trois hommes étaient très près du sommet, à 5 900 m, quand ils ont déclenché une avalanche à leur passage. Ils ont alors décidé de rebrousser chemin par là où ils avaient grimpé, d’abord en désescalade puis en rappel, quand la pente est devenue trop raide. Les traces disparaissent dans cette section. « Leurs effets personnels apparaissent en bas de la paroi », témoigne au micro de France Bleu Pays de Savoie Stéphane Benoist, le chef de l’expédition, qui a pu survoler la zone.    

Des recherches toujours en cours mais peu d’espoir

Trois sacs, ainsi que le matériel du bivouac ont en effet été retrouvés par les secouristes. Les recherches ont repris mardi 2 novembre dès l’aube. « La police et la population locale aident également », a indiqué Rishi Raj Dhakal, porte-parole de la police du district de Solukhumbu, précisant que le temps était « plus clément ».  Une équipe de guides de montagne qualifiés a pu être déposée par hélicoptère sur la zone de disparition des trois alpinistes, au pied du Mingbo Eiger.  

Cependant, l’espoir de les retrouver vivants est « quasi nul », indiquait lundi soir la FFCAM. Stéphane Benoist est même convaincu qu' »ils sont morts mercredi » et que leurs corps « sont là, sous la neige, dans le cône au pied de la paroi ».  « C’était de grands experts de la gestion des risques. On ne comprend pas bien quel piège ils n’ont pas su déceler ou qui était indécelable. Est-ce qu’ils ont fait une erreur ? », s’interroge-t-il.        

Piste privilégiée : un « ancrage » qui cède

Stéphane Benoist et les quatre autres compagnons d’expédition des trois disparus se sont rendus au pied de la paroi lundi 1er novembre pour se recueillir et tenter d’éclaircir et comprendre les circonstances de l’accident. Il y a toujours « une part d’ombre », selon l’alpiniste.

Plusieurs hypothèses sont avancées sur ce qui s’est produit. Celle retenue par Stéphane Benoist est celle d’un ancrage qui aurait cédé, fragilisé par l’avalanche précédente. « Un morceau de roche et un ancrage ont dû se détacher, faire sauter le rappel et plonger dans le vide nos trois compagnons », estime-t-il au micro de France Bleu Pays de Savoie. Il y a aussi la possibilité d’une nouvelle coulée qui aurait tout arraché. Cette question restera probablement sans réponse.

Stéphane Benoist et ses compagnons ont quitté leur camp de base établi depuis début octobre dans le village de Pangboche. « Durement éprouvés », ils seront « rapatriés en France d’ici quelques jours », a précisé la FFCAM.   

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