à Besançon, la technologie au coeur de la fabrique des champions de la Groupama-FDJ

Technologies de pointe et staff aux petits soins : à deux heures des cols alpins, l’équipe cycliste Groupama-FDJ a niché sur les collines de Besançon un « centre de performance » unique en France où la recherche scientifique concourt à la fabrique des champions.

Penché sur un vélo relié à un écran, avec une dizaine de diodes placées sur ses articulations par dessus sa tenue bleue, blanche et rouge, Enzo Paleni, 19 ans, recherche la position de course idéale à grand renfort de technologie.

« Le bikefitting (étude posturale sur un vélo, NDLR) permet notamment de voir s’il y a des asymétries de pression au niveau des pédales ou de la selle pour optimiser les points d’appui et le confort », explique le directeur de la performance de l’équipe, Frédéric Grappe.

« On est en confiance, car on sait qu’on est mis dans les meilleurs dispositions, mentalement c’est une grande chose », estime Enzo Paleni, même s’il confie que les « sensations » restent maîtres de ses courses au sein de l’équipe continentale Groupama-FDJ.

Ce laboratoire Athlète-Matériel-Environnement flambant neuf compte un atelier aérodynamique, un autre où trône un mannequin moulé du leader de l’équipe World Tour, Thibaut Pinot, pour évaluer le frottement du textile avec l’air ou encore un atelier 3D permettant de travailler avec un casque de réalité virtuelle les descentes, point clé de nombreuses courses.

Enzo Paleni, membre de l’équipe Continental de la Groupama-FDJ, lors d’une séance de tests. (SEBASTIEN BOZON / AFP)

Le laboratoire de recherche et développement est mutualisé avec l’université de Franche-Comté. Membres de la Groupama-FDJ, étudiants et chercheurs travaillent de concert pour innover et optimiser la performance des sportifs, sous l’oeil expert de Frédéric Grappe, maître de conférences depuis 1998 à la Faculté des sports de Besançon.

« Le sport de haut niveau a besoin d’être dans cette démarche de recherche et développement », explique Frédéric Grappe, à l’origine de ce « modèle de fonctionnement très performant qui permet de faire avancer l’équipe et lui apporte une puissance de feu sur plusieurs thématiques ».

Le centre de performance est sorti de terre en 2019 grâce à l’arrivée de Groupama aux côtés de la FDJ. Il est devenu le cocon de la jeune équipe cycliste continentale Groupama-FDJ, composée de 13 coureurs âgés de 18 à 22 ans qui logent sur place à l’année.

La « Conti », antichambre de l’élite, est un pari sur l’avenir de la seule formation française à fonctionner avec une équipe continentale et une équipe World Tour, au plus haut niveau international. « Le but, c’est de dénicher et de former des coureurs », explique l’un des entraîneurs, Joseph Berlin-Sémon. « Dans quelques années on devra remplacer tel ou tel coureur dans la World Tour, donc on cherche les profils qui correspondent, on les forme dans la Conti avant de les faire courir avec la World Tour ».

Le Néo-Zélandais Reuben Thompson, déjà aligné aux côtés de Thibaut Pinot dans le Tour des Alpes, ou la recrue française Romain Grégoire, champion de France, champion d’Europe et vice-champion du monde juniors 2021, esquissent ainsi la relève.

La technologie joue aussi un rôle primordial dans le travail des entraîneurs, des mécaniciens ou encore du nutritionniste qui assurent le suivi quotidien et millimétré des coureurs.

Leurs très nombreuses « datas » – temps de course, données médicales, de récupération, de glycémie, de température… – sont « une mine d’or à exploiter », estime Olivier Mazenot, le nouveau « data scientist » de l’équipe qui développe des outils informatiques pour renforcer et faciliter le « suivi de l’évolution des coureurs ».

Mécanique des vélos ou performances physiques des coureurs, « il y a toujours quelque chose à améliorer » pour « repousser les limites » et grappiller quelques secondes, selon le staff.

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