y a-t-il six fois plus d’interdictions de stade en Allemagne qu’en France et vingt fois plus en Angleterre ?

« C’est l’axe principal de la prévention et c’est très efficace ». Après la série de violences depuis le début du championnat de Ligue 1, l’ancien président de la Ligue de football professionnel, Frédéric Thiriez a appelé sur franceinfo ce vendredi matin à multiplier les interdictions de stades pour les supporters auteurs d’actes de violences lors des matchs. La France aurait d’ailleurs pris beaucoup de retard sur ses voisins. 

« Je vais vous donner un chiffre : en France, nous avons 500 interdits de stade, en gros. En Allemagne, ils sont 3 000. Et en Angleterre, tenez-vous bien : 10 000 ! »

Frédéric Thiriez

à franceinfo

Il existe deux types d’interdictions de stade pour les supporters : la décision administrative et la décision judiciaire. La première est prise par le préfet en raison du « comportement d’ensemble à l’occasion de matchs », d’actes de violences ou d’appartenance à un groupe de supporters dissous ou suspendu. C’est la décision la plus courante en France. Le bannissement dure alors deux ans maximum et jusqu’à trois ans en cas de récidive. En ce qui concerne la décision judiciaire, elle vise plus particulièrement les délits comme la violence, l’ivresse dans les stades, l’incitation à la haine ou encore l’utilisation de fumigènes. L’interdiction de stade dure alors cinq ans maximum. 

Au total, depuis 2016, il y a chaque année entre 300 et 350 personnes qui n’ont pas le droit d’assister à des matchs en tribune, d’après un rapport parlementaire publié l’an dernier. Ce nombre a largement baissé depuis. Ces interdictions impliquent de se rendre dans un commissariat ou une gendarmerie proche de son domicile pour signaler sa présence au moment où se jouent les rencontres. L’identité des personnes concernées sont également conservées pendant plusieurs années dans le Fichier national des interdits de stade.

Frédéric Thiriez exagère donc légèrement en évoquant 500 interdits de stade. D’autant que ce début de saison est assez exceptionnel en raison de la pause liée au Covid-19. « Nous en sommes aujourd’hui à 54 interdits de stade sur l’ensemble du territoire, ce qui est très faible, puisque beaucoup d’interdictions sont arrivées à échéance durant la crise sanitaire », explique à l’AFP Thibaut Delaunay, responsable de la Division nationale de la lutte contre le hooliganisme.

Même si l’on exclut la parenthèse de la crise sanitaire, le nombre de supporters interdits de stade en Angleterre et en Allemagne est largement surestimé par Frédéric Thiriez. 

Avant la crise sanitaire, il y avait en Angleterre et aux Pays de Galles un peu plus de 1 600 décisions d’interdictions de stade (lien en anglais). Outre-Manche, la mesure dure trois ans minimum et jusqu’à dix ans pour les cas de violence les plus graves. Comme en France, ce genre de décision est en baisse constante en Angleterre, deux fois moins en l’espace de dix ans.

Sur l’Allemagne, un peu plus de 1 300 interdictions avaient été prises sur la saison 2019/2020 (lien en allemand), avant la crise du Covid. C’est le club ou la fédération profesionnelle qui les décident, en fonction du lieu où ont été commis les faits. La décision peut être locale ou nationale et varie entre une semaine et jusqu’à cinq ans pour les faits les plus graves.

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