Reportage. Dans le Jura, la station de Métabief entame sa transition économique pour survivre aux futurs hivers sans neige

Comment préparer les stations de ski à un futur sans neige ? Certaines communes ont pris de l’avance et prennent déjà en compte les conséquences du changement climatique, comme ici dans la petite station jurassienne de Métabief, dans le Doubs, où franceinfo s’est rendue. 

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Publié le 23/09/2021 07:07

Temps de lecture : 1 min.

L’herbe est bien verte en ce début d’automne à Métabief, qu’il faut imaginer enneigée. Le directeur de la station Sylvain Philippe le sait : les hivers sous la neige se raréfient, il faudra apprendre à faire sans, d’ici 2040 : « Ce n’est pas qu’on n’aura plus de neige c’est qu’on n’aura plus suffisamment régulièrement d’hivers pour que le modèle économique qui s’appuie sur le ski alpin fonctionne encore », précise-t-il.
 
La station se réinvente donc dès à présent. L’immense grue du chantier de la future luge quatre saisons, installée sur des rails pour dévaler la pente à tout moment de l’année, en est le symbole. « Cest l’acte de naissance du projet de transition qui va s’appliquer sur l’ensemble du territoire », résume le directeur de l’Office du tourisme Julien Vrignon.

D’ici 2040 Métabief devra apprendre à ne plus baser son activité économique uniquement sur le ski alpin. (AGATHE MAHUET / RADIO FRANCE)

L’économie de la montagne ne peut plus tourner autour de la seule station, il faut décentraliser les activités partout dans le massif, selon Sylvette et ses camarades retraités selon qui il faudra « Peut-être garder un peu de ski alpin mais développer aussi la luge, le VTT, la randonnée qui est super. Même les gens d’ici ne connaissent même pas les balades ni les sommets, ce qui est regrettable. »

Ces activités tiennent une bonne place dans la boutique de Pierre-Henri Robbe, 32 ans avec de l’équipement trail et VTT « made in Jura ». Il a repris le fonds de commerce l’an dernier avec le vélo de montagne en tête : « Historiquement Métabief est connue aussi pour les championnats du monde [de VTT] en 1993 », rappelle-t-il. Mais encore faut-il trouver un modèle économique solide. « Je n’ai pas dit que le vélo rapportait… », concède Pierre-Henri Robbe.

Car rien ne remplace encore le ski alpin en termes de retombées. Pour l’heure, une taxe sur les remontées mécaniques finance la mise en oeuvre de cette transition climatique, le reste est à inventer. Mais si la neige devient rare d’ici 20 ans, les vaches qui font le lait pour le Mont d’Or seront, elles, toujours là. Et il sera toujours possible de venir manger du fromage fondu face à la montagne. 

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