Julian Alaphilippe a remis ça

C’était comme l’année dernière, et pour une fois ça fait du bien de dire ça. C’était comme l’année dernière, c’était encore un premier dimanche d’automne, celui où tu te rends compte que les arbres retrouvent peu à peu leur calvitie saisonnière, celui où les feuilles sont jaunes, orange, rouges. Un dimanche où tu regardes l’écharpe toute douce sur le porte-manteau et tu te dis pourquoi pas, c’est peut-être pour aujourd’hui. Ce premier dimanche où il pleut, celui où le bruit des gouttes contre la vitre te plonge dans une mélancolie qui fait du bien. Mais pour tout le monde, hier Julian a arrêté l’horloge.

Tout allait si vite depuis la rentrée, on était fatigué, lessivé, tout allait trop vite. Cela faisait longtemps qu’on n’avait pas fait tout ça en même temps : le boulot, les gosses, les activités, les amis, les sorties… On n’était plus habitués, par pitié laissez-nous souffler. On a tous dit à quelqu’un ces derniers temps : je suis crevée, dépassée, j’ai pas une minute et hier, Julian a arrêté l’horloge.

Il nous a dit « posez-vous deux secondes, ça va bien se passer ». Il nous a dit qu’attaquer à 17 bornes et passer les bosses tout seul dans une souffrance indescriptible c’est possible, il nous a dit annulez la présidentielle : il est votre champion pour 2022.
Il nous a dit « savourez chaque seconde, n’écoutez pas toutes les consignes à la lettre », celle de son sélectionneur Thomas Voeckler qui lui disait d’attendre un peu avant d’attaquer, il nous a dit « tentez des choses, écoutez votre instinct, ce que vous avez dans le ventre. »

Il nous a dit que demain (aujourd’hui) ce serait lundi et que ce n’était pas grave parce qu’on pourrait passer la journée à reparler de cet exploit. 

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